Archives de sciences sociales des religions, N° 151, Juillet-Sept : Fondations des lieux de culte PDF

Archives de sciences sociales des religions, N° 151, Juillet-Sept : Fondations des lieux de culte PDF

Nippur était située de part et d’autre du Shatt en-Nil, un des anciens bras de l’Euphrate, entre le lit actuel de cette rivière et le Tigre, à environ 160 km au sud-est de Bagdad. 1990, qui ont mis au jour différents édifices étalés sur toute la période d’occupation du site, archives de sciences sociales des religions, N° 151, Juillet-Sept : Fondations des lieux de culte PDF en priorité sur les phases antérieures au Ier millénaire av. Nippur est d’ailleurs le premier site mésopotamien fouillé par des archéologues venus des États-Unis, et c’est resté le principal site de la région exploré par des spécialistes de ce pays. Les premières campagnes sont dirigées par John P.


La Mecque, Lourdes, Jérusalem, la célébrité de ces noms de lieux est indissociable des foules et des dieux qui les font vivre depuis l’origine. Innombrables sont ces places qui ont forgé leur nom au gré des cultes qu’elles fixent et rassemblent. Regarder de plus près l’émergence de chacune d’entre elles, célèbres ou moins connues, est l’ambition de ce dossier réunissant historiens, géographes, anthropologues et sociologues. Leurs contributions décrivent la fixation des grandes religions révélées dans leurs terres originelles mais aussi dans d’autres lieux du monde jusqu’alors dédiés à d’autres cultes. Retracer l’histoire de la moindre fondation revient ainsi à établir les pièces d’un procès entre protagonistes distincts que le lieu peut autant réunir qu’opposer. Créations de mosquées dans des contextes variés comme les Antilles ou les Balkans, engagement des puissances d’Etat dans la refondation de topographies religieuses nationales au Moyen-Orient ou au Pakistan, jeux du tourisme et de la spiritualité en Europe, la patrimonialisation religieuse des espaces suit des chemins pluriels et mêlés.

Peters, John Henry Haynes et Hermann Hilprecht, et durent jusqu’en 1900. Après une interruption de près d’un demi-siècle, les fouilles reprennent en 1948 sous la direction de Donald E. Les campagnes se sont ensuite poursuivies jusqu’à la guerre du Golfe, en 1990. Plan du site de Nippur, avec les principales zones fouillées, et selon les informations fournies par la tablette d’époque kassite. Cependant il n’est pas forcément fiable pour les époques antérieures. La plus ancienne phase d’occupation attestée sur le site de Nippur remonte à la période d’Obeid.

C’est sans doute déjà une ville importante au IVe millénaire av. Nippur apparaît comme un centre religieux majeur de la Mésopotamie du Sud, devenant en quelque sorte sa capitale religieuse, avec la primauté du dieu Enlil. Localisation de Nippur et des principales villes de Basse Mésopotamie dans les derniers siècles du IIIe millénaire av. Nippur n’a jamais eu de dynastie royale importante à la période historique, et dès les périodes archaïques sont statut est lié à celui de son grand dieu, Enlil. La ville est peut-être dans l’orbite de Kish, qui est la plus puissante cité-État située dans son voisinage.

Nippur a probablement joué un rôle important dans ce type de regroupement politique, puisqu’elle semble avoir été le siège de leurs assemblées, dont son dieu Enlil était symboliquement le chef. La domination de Nippur et la possibilité de restaurer le grand temple d’Enlil ou d’y faire des offrandes, ou même de s’y faire couronner, devient alors un enjeu politique majeur. L’analyse du matériel céramique de ce dernier a permis de mieux connaître les évolutions ayant lieu durant le IIIe millénaire av. Tête de massue en pierre vouée par Naram-Sîn à la déesse Inanna de Nippur. Musée de l’Oriental Institute de Chicago. Lugal-zagesi, aux portes du temple d’Enlil en guise de triomphe et de reconnaissance de sa suprématie par le grand dieu. D’autres lots tablettes datant des règnes de Naram-Sîn et Shar-kali-sharri ont été retrouvées dans l’Ekur, où elles avaient été réutilisées pour servir de remblai entre la ziggurat et l’enceinte du complexe religieux.

Une partie nous renseigne sur la reconstruction du temple par ce roi : mobilisation d’artisans venant de tout l’empire, entretenus aux frais du temple, et mise au point de nombreux objets en métaux précieux. Statuette en cuivre représentant Shulgi portant un panier de briques, dépôt de fondation commémorant la restauration du temple d’Inanna. Nippur reste un centre religieux majeur sous la troisième dynastie d’Ur. Sous le premier roi, Ur-Nammu, le grand temple d’Enlil fait l’objet d’un réaménagement, qui voit notamment l’érection de sa ziggurat. Collier en perles d’or, cornaline et agate de la période d’Ur III, mise au jour dans la zone TB.

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