Cocteau, le cirque et le music-hall PDF

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George Henri Rivière, toits Trocadero démolition 1936, H. L’inventeur du musée moderne, c’est lui ! Le XIXe siècle fut un temps de fondation des musées, et le XXe celui de leur développement, de leur remise en cause, de leur réinvention et souvent de leur redistribution. En prenant sa vie comme fil constitutif de cocteau, le cirque et le music-hall PDF histoire, l’exposition décline l’ampleur de sa vision d’un monde en pleine transformation.


Son père est un bourgeois et sa mère est d’origine paysanne. Il se destine à la musique et découvre avec son oncle Henri Rivière, l’un des animateurs du cabaret du Chat noir, le monde des collectionneurs et des érudits, le regard d’un artiste, ami de Degas, graveur et photographe remarquable. Germaine Tillion, une excellente ethnologue dont la carrière fut brisée par la folie. Rivière est musicien et curieux de tout ce qu’apportent les années folles, de l’art moderne au jazz et à la mode, de la photographie et du cinéma au music-hall. Journaliste polémiste, participant aux revues Cahiers d’art et Documents, il s’impose au musée du Trocadéro, après avoir réalisé en 1928 la première exposition sur  Les Arts anciens de l’Amérique . Rivière comprend qu’au-delà de l’ethnologie et des cultures exotiques, il faut s’intéresser au bouleversement annoncé des cultures rurales et ouvrières des pays de France, créant durant cette même année 1937 un  musée des Arts et Traditions populaires .

Rivière explore et analyse les savoir-faire artisanaux et toutes les facettes de l’invention populaire, de l’imagerie jusqu’aux arts du cirque. L’exposition s’attache à dresser le portrait d’un homme, Georges Henri Rivière, qui incarne à lui seul certains des aspects les plus marquants du XXe siècle. En quoi Georges Henri Rivière est-il l’inventeur du musée moderne ? Très attaché à l’enrichissement des collections, Rivière les envisage en ethnologue, comme un tout résumant une culture, refusant toute hiérarchie mais incluant leur dimension sociale, inventive et esthétique.

Il est très soucieux d’offrir aux publics un instrument de connaissance ouvert, comparatif, créatif, contemporain, interdisciplinaire. Qu’est-ce qui, dans sa jeunesse et sa formation, a nourri son regard de muséologue ? Alors qu’il est déjà âgé, Rivière retrouve dans ses souvenirs d’enfance les contrastes stimulants des milieux qui l’entouraient, rural et naturel du côté maternel, citadin et artistique du côté paternel. Adolescent, il s’accommode de ces contrastes, apprenant à voir et à comprendre, attaché aux savoir-faire artisanaux et artistiques, découvrant leur diversité et la force des expressions populaires. Tout en étant proche des avant-gardes de son temps, peut-on dire qu’il est l’inventeur de la notion d’ art populaire ? Georges Henri Rivière est certainement le plus grand défenseur des arts populaires. Il s’attache à décloisonner les arts et les musées pour leur donner une place.

Il affirme que ces objets communs traduisent un savoir du peuple. Quelle était la particularité du musée national des Arts et Traditions populaires, qu’il crée en 1937, et dont les collections ont depuis rejoint les fonds du Mucem ? La première particularité du MnATP est sa longue gestation : 35 ans. Né en 1937 pendant le Front populaire, sa création témoigne d’un contexte politique favorable à la notion d’ art populaire . Sur le plan culturel, une vive attention est alors portée à l’éducation et aux loisirs de tous. Le musée est d’abord hébergé provisoirement dans une aile du palais de Chaillot en attendant un lieu propre. GHR a théorisé la notion de musée laboratoire et défini une méthodologie d’enquête sur le terrain.

Dès son entrée en musée, sous la direction de Paul Rivet au musée d’Ethnographie du Trocadéro, Rivière programme des enquêtes, trouve des financements et valorise ces recherches dans des expositions qui font date. En quoi sa scénographie s’inspire-t-elle des enseignements de Georges Henri Rivière ? L’exposition s’organise, ce qui est rare, peut-être même unique, autour de l’aventure humaine d’un être qui va incarner les musées en refusant tout enfermement disciplinaire. Elle s’organise en modules, comme autant de facettes illustrant sa famille, ses curiosités, ses contacts, ses collègues, ses réalisations, son humour et son rayonnement.

Héritier du musée des ATP et du musée de l’Homme, peut-on dire que le Mucem, inauguré à Marseille en 2013, perpétue l’esprit et la vision de Georges Henri Rivière ? Les collections du MnATP et le fonds Europe du musée de l’Homme ont été transférées au Mucem au sein du Centre de conservation et de ressources. Lieu vivant et accessible, il perpétue l’ambition de Rivière de s’adresser à tous. La force et la richesse de cet ensemble est un vivier, et une manne sur laquelle les équipes du musée s’appuient.

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