Dictionnaire d’esthétique et de philosophie de l’art PDF

Dictionnaire d’esthétique et de philosophie de l’art PDF

L’adjectif Katharos associe la propreté matérielle, celle du corps et la pureté de l’âme morale ou religieuse. La Katharsis est l’action correspondant à  nettoyer, purifier, purger . Il a d’abord le sens religieux de  purification , et renvoie en particulier au rituel d’expulsion pratiqué à Athènes la veille dictionnaire d’esthétique et de philosophie de l’art PDF Thargélies.


Toute civilisation perçoit le monde à sa manière, et en exalte des aspects spécifiques si bien qu’objets, corps et comportements sont assujettis à des normes esthétiques qui, pour n’être pas toujours explicites, n’en sont pas moins impérieuses.
Il en résulte aujourd’hui une «esthétisation» de l’existence et une difficulté des arts proprement dits à se situer dans ce contexte. L’opacité des mythologies contemporaines et la prolifération des discours et théories sont autant de raisons de développer une réflexion dédiée en propre à ces questions.
Or, paradoxalement, en tant que discipline à part entière du champ philosophique, l’esthétique est mal connue, volontiers marginalisée ou abandonnée aux intuitions les plus vagues.
L’ambition de ce dictionnaire est de contribuer à une cartographie de son territoire. Il fait le choix d’une approche notionnelle, centrée non pas sur les auteurs ou sur les oeuvres mais sur les concepts, leur définition, leur généalogie, leurs contenus et leurs relations.
À travers quelque 240 entrées, sont ainsi abordées les principales questions relatives au fonctionnement de l’art, au niveau ontologique, sémiotique, intentionnel, évaluatif, etc. Quelques articles plus spécifiques portent sur des aspects caractéristiques de certains arts, notamment visuels.
Enfin une trentaine d’essais ouvrent autant de perspectives sur des tendances contemporaines – comme les arts de masse, l’écologie ou la cognition – ou proposent des relectures des grandes interrogations philosophiques.
À la fois outil de référence et de formation, cet ouvrage vise à mettre en évidence l’importance d’une discipline et à donner aux étudiants un accès de plain-pied à l’essentiel des débats contemporains sur le sujet.

Jacques MORIZOT et Roger POUIVET sont tous deux professeurs de philosophie, respectivement à l’université de Provence et à l’université de Nancy. Ils se sont entourés d’un comité scientifique comprenant Dominique Château, Danièle Cohn, Jean-Pierre Cometti et Bernard Vouilloux, et de près de 80 rédacteurs dont une importante proportion de jeunes chercheurs.

D’un point de vue strictement médical, la Katharsis se rapproche beaucoup de l’approche homéopathique de la médecine. On envisage alors la purgation comme un mal nécessaire à la guérison : Le mal par le mal. Ainsi, l’emploi métaphorique qu’en propose Aristote ne doit pas être compris comme une innovation radicale. Il s’inscrit dans l’usage linguistique, assez large, de ce terme. De plus, le mot catharsis n’a pas en grec un sens strictement médical, indépendant de connotations religieuses, dans la mesure où pour les Grecs ces deux champs n’étaient pas clairement distingués. Platon va transposer le concept de catharsis à la pratique philosophique.

Il reprend l’idée de la purge qui prépare le corps à une élévation de l’âme en le purifiant de toutes ses impuretés. Dans un passage du Sophiste, Platon utilise la métaphore médicale pour établir la catharsis comme étant une technique pour réfuter ou rejeter les fausses idées. Elle se rapproche alors du concept de l’accouchement par la maïeutique. Par cet exemple, il propose de faire de la catharsis un moyen de compréhension de phénomènes qui sont difficilement accessibles.

Platon va également se servir de la catharsis pour donner une signification aux rites funéraires qui permettent la séparation du corps et de l’âme. Le philosophe applique cette même séparation à la pensée philosophique. Il dit que la réflexion purifie l’âme, et que celui qui s’éloigne du monde matériel peut aspirer à la connaissance. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.

Nous voyons ces mêmes personnes, quand elles ont eu recours aux mélodies qui transportent l’âme hors d’elle-même, remises d’aplomb comme si elles avaient pris un remède et une purgation. Aristote paraît surtout employer le terme en son sens médical, bien qu’il fasse également référence à des mélodies purgatrices, qui appartiennent probablement à des rites thérapeutiques. Le sens large que ce terme possède en grec, et ses connotations religieuses aussi bien que politiques traceront la voie à son interprétation ultérieure comme une purification morale. L’interprétation de ce passage très allusif est délicate et sujette à de nombreux débats. La question porte en particulier sur le mode de purgation qui a lieu : s’agit-il d’une purgation morale, ou Aristote a-t-il simplement dit que le mode de représentation fait en sorte que l’on ne ressent pas ces émotions au premier degré. Dans l’interprétation classique de la catharsis, elle est une méthode de  purgation des passions , ou purification émotionnelle, utilisant des spectacles ou histoires tragiques considérées comme édifiantes.

Utilisée notamment par le cinéma, le théâtre et la littérature, elle montre le destin tragique de ceux qui ont cédé à ces pulsions. En vivant ces destins malheureux par procuration, les spectateurs ou lecteurs sont censés prendre en aversion les passions qui les ont provoquées. Le spectateur ne se purge pas de ses émotions en voyant des exemples édifiants, mais c’est plutôt le dispositif scénique, le mode de la représentation, qui purge le spectateur de ses émotions. La catharsis repose sur l’abréaction des affects liés au traumatisme, c’est-à-dire la décharge émotionnelle qui accompagne la prise de conscience. La catharsis est ainsi le processus, parfois émotionnellement violent, au travers duquel le sujet se libère du refoulement. L’idée de catharsis, telle qu’Aristote la formule dans sa Poétique, fait partie des concepts traversant l’histoire du théâtre. Les actions des personnages et leurs issues souvent funestes, dans la tragédie, susciteraient la crainte et la pitié et le spectateur se verrait alors allégé, purgé, des passions dont il vient de voir la représentation scénique.

Pour Racine, il s’agit d’une question morale, prise en charge non plus par la représentation mais par la virtuosité de l’écriture. La Politique, traduction de Jean Tricot, Librairie philosophique J. Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Fayard, coll. La réaction du sujet qui subit quelque dommage n’a d’effet réellement « cathartique » que lorsqu’elle est vraiment adéquate comme dans la vengeance. Mais l’être humain trouve dans le langage un équivalent de l’acte, équivalent grâce auquel l’affect peut être « abréagi » à peu près de la même façon . Aristote : Œuvres complètes, Éditions Flammarion, 2014, 2923 p.

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