Enseignants et mobilité professionnelle : Conseils et outils pour choisir la vôtre PDF

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En quoi l’école est-elle inégalitaire ? L’école française, entend-on souvent, est profondément « inégalitaire ». Elle serait trop « élitiste », trop « sélective », trop « reproductrice », générerait un « échec scolaire » massif, etc. En tout cas, tout semble montrer qu’elle reste aujourd’hui encore largement impuissante à corriger le déterminisme héréditaire des destinées sociales, et très modestement celui des destinées scolaires. C’est d’abord ce démenti flagrant qu’ont cherché à établir et à expliquer P. La théorie de la reproduction déconstruit donc et retourne pour ainsi dire l’idéal méritocratique et démocratique des Lumières contre lui-même : dans un geste critique qui relève d’une « philosophie du soupçon », elle le démasque comme une fiction dont la fonction est de réaliser l’inverse de ce qu’elle proclame. Parce ce que le mouvement général d’expansion des systèmes éducatifs des sociétés industrielles s’est opéré bien plus tôt aux USA qu’en France, c’est dès les années 60 que les sociologues américains ont pris conscience du relatif échec de la démocratisation scolaire quant à ses effets sur la mobilité sociale.

En vérité, ce prétendu paradoxe s’évanouit, c’est-à-dire se résout de lui-même, si l’on renonce au postulat selon lequel il doit y avoir une corrélation forte et mécanique entre chances ou destinées scolaires et chances ou destinées sociales. Il faut donc admettre qu’il n’y a pas de liaison simple ni nécessaire entre égalité des chances scolaires et égalité des chances sociales, entre l’égalité dans l’école et l’égalité hors de l’école. De l’inégalité des chances scolaires : l’analyse de Raymond Boudon L’inégalité des chances scolaires, on l’a dit, peut être définie d’un point de vue sociologique comme désignant les différences de chances d’accès aux différents niveaux de scolarité selon l’origine sociale des élèves et les niveaux d’études de leurs parents. Sur le plan de la réussite, il est incontestable que les performances scolaires des élèves varient fortement en fonction de leur milieu socio-culturel d’origine : partout, en particulier au début de la scolarité, la réussite scolaire est en moyenne d’autant plus faible que le niveau du milieu social est plus modeste, et d’autant plus forte qu’il est élevé, ces différences ayant cependant tendance à s’estomper au fur et à mesure du parcours scolaire. Celles-ci ne peuvent se produire qu’à l’occasion même des décisions d’orientation telles qu’elles sont prises par les acteurs, et doivent donc dépendre des critères qui y président.

Or, ces choix peuvent être interprétés comme résultant d’une forme de calcul entre les « avantages » et les « coûts », bref les « risques » comparés des différentes orientations, tels qu’ils sont estimés. Comment réduire l’inégalité des destinées scolaires ? Que nous apporte une telle analyse – et sa conclusion -, si on la tient pour convaincante ? D’abord, elle permet de se défaire d’une fausse évidence : ce n’est pas en premier lieu parce que les enfants d’origine modeste ont en moyenne des performances scolaires inférieures qu’ils accèdent moins facilement aux niveaux scolaires les plus élevés. A partir de là, de quels leviers dispose-t-on pour tenter de limiter les inégalités scolaires ? On peut d’abord s’efforcer bien sûr de jouer sur les effets du premier mécanisme mis en valeur par Boudon, ce qui est notamment recherché à travers les politiques de lutte contre l’échec scolaire. Ensuite, puisque les décisions d’orientation s’opèrent selon une estimation inégalitaire des coûts et des avantages, il est évidemment possible et souhaitable de réduire aussi le surcoût objectif que représentent les scolarités longues et exigeantes pour les milieux défavorisés, par le biais d’un accroissement des bourses et d’autres dispositifs d’aide destinés aux familles concernées.

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