L’action : Délibérer, décider, accomplir PDF

L’action : Délibérer, décider, accomplir PDF

Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-l’action : Délibérer, décider, accomplir PDF. En pratique : Quelles sources sont attendues ?


Nous nous pensons spontanément comme des individus agissants. En ce sens l’action ne pose aucun problème. Nous connaissons son importance, par la privation ou l’impossibilité d’agir, la limitation de notre puissance. C’est, par exemple, en ce sens que nous disons parfois que  » l’inaction nous pèse  » ou nous est insupportable. Cela étant, les actions des hommes sont des données livrées en abondance par l’expérience. Ce volume, tout d’abord destiné aux candidats à l’agrégation de philosophie mais également plus généralement aux étudiants de cette discipline, accueille cette pluralité afin de la penser ou d’essayer de la catégoriser. Nous sommes en effet dans un a  » trop plein  » d’actions, dans toute leur diversité. Il est donc utile, afin de parvenir à une saisie de ce concept, de s’interroger sur les conditions de l’action car si nous pensons agir nous ne sommes pas pour autant toujours actifs. La réflexion sur la question s’éclaire par l’examen de la délibération, de la décision et de l’accomplissement, qui ponctuent le déroulement de l’action et donc sa compréhension. Cette analyse, qui est à la fois celle de la puissance et des limites, permet de penser une anthropologie de l’action.

Le libre arbitre est la faculté qu’aurait l’être humain de se déterminer librement et par lui seul, à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté serait déterminée dans chacun de ses actes par des  forces  qui l’y nécessitent. Comment reposer aujourd’hui la question du libre arbitre ? De ce concept forgé par la théologie patristique latine, il n’est pas exagéré d’écrire qu’il fut développé pour préciser la responsabilité du mal, en l’imputant à la créature de Dieu. Il décrit le dialogue d’Evodius et d’Augustin. Evodius pose le problème en des termes abrupts :  Dieu n’est-il pas l’auteur du mal ?

Si le péché est l’œuvre des âmes et que celles-ci sont créées par Dieu, comment Dieu n’en serait-il pas, in fine, l’auteur ? Mais n’est-ce pas déplacer le problème sans le résoudre ? Si je ne me trompe, l’argumentation a montré que nous agissons ainsi par le libre arbitre de la volonté. Mais ce libre arbitre auquel nous devons notre faculté de pécher, nous en sommes convaincus, je me demande si celui qui nous a créés a bien fait de nous le donner. La réponse d’Augustin est que la volonté est un bien, dont l’homme peut certes abuser, mais qui fait aussi la dignité de l’homme. Qui voudrait ne pas posséder de mains sous prétexte que celles-ci servent parfois à commettre des crimes ? Mais le paradoxe d’Augustin, qui fait aussi sa richesse et qui explique pourquoi il a pu inspirer, au sein du christianisme, des théologies tellement divergentes, tient à la diversité de ses adversaires.

Gardons en mémoire cette position paradoxale, qui fait que les Réformateurs et les catholiques pourront, sans contradiction, se revendiquer d’Augustin dans les controverses au sujet du rôle respectif de la grâce et du libre arbitre dans l’œuvre du salut. La scolastique a considérablement réélaboré ce concept inventé par Saint Augustin, en s’appuyant sur Aristote. Les Grecs ignoraient le libre arbitre, n’ayant pas la notion de volonté mais plutôt celle d’acte volontaire, étudiée au troisième livre de l’Éthique à Nicomaque. Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, I, q. Cette expression est exacte si elle désigne la collaboration de ces deux facultés dans la genèse de l’acte libre, mais erronée en un sens plus technique. Thomas d’Aquin entend prouver la réalité du libre arbitre par deux moyens. Thomas d’Aquin, Somme théologique, I, q.

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