L’Inquisition espagnole et ses réformes au xvie siècle PDF

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L’adoption de la Réforme a aussi un caractère politique. C’est un moyen pour les princes l’Inquisition espagnole et ses réformes au xvie siècle PDF’affirmer leur indépendance face à une papauté revendiquant une théocratie universelle ou pour les populations de pouvoir se révolter face à un souverain mal accepté comme en Écosse et aux Pays-Bas espagnols.


Un des axes de l’Équipe d’accueil ETILAL est consacré à l’Espagne classique et plus particulièrement à l’Inquisition espagnole. La réflexion menée au cours des séminaires de l’Équipe sur cette question a été suivie d’un colloque qui s’est tenu à l’université Paul- Valéry, Montpellier III, les 20, 21 et 22 février 2003. Les articles réunis dans ce volume concernent l’Inquisition au xvie siècle. Après une présentation de ses premiers temps en Espagne et dans l’Amérique coloniale, divers aspects marquants de la répression inquisitoriale sont illustrés à travers des exemples précis tels que la persécution des « biblistes » salmantins des années 1570, la lutte contre le protestantisme menée par les tribunaux de Valence, de Saragosse entre les années 1560-1610, l’influence de Calvin en Espagne. Une étude sur l’Angleterre moderne et les inquisitions offre un regard croisé sur la question. Un deuxième volet s’attache au personnel du Saint-Office avec le rôle des évêques inquisiteurs à l’époque de Philippe II, les familiers du tribunal de Cuenca et le déroulement d’une visite du district de Saragosse en 1575. La répression des vieux-chrétiens est évoquée dans une analyse des causes mineures du tribunal de Cuenca. Ce recueil s’ouvre sur une réflexion de Raphaël Carrasco, « L’Inquisition espagnole et le “disciplinement” : questions et perspectives de recherche », qui nous invite à reconsidérer le rôle réel qu’a pu jouer l’Inquisition espagnole, à mieux saisir les subtiles imbrications entre pouvoir politique et religieux, leur intromission dans la vie publique et privée des sujets dans la société espagnole du temps des premiers Habsbourg.

Habsbourg et les princes allemands mais aussi des guerres civiles en France, en Angleterre et en Écosse. Pendant longtemps les historiens ont pensé que les vices du clergé étaient la principale cause de la Réforme : la débauche de certains prêtres et moines qui vivent publiquement en concubinage, s’enrichissent avec l’argent des fidèles Ces abus ne sont pas vraiment les causes de la Réforme, l’Église catholique s’est en effet sans arrêt efforcée d’y remédier. En effet, le pape répond mal aux angoisses des fidèles. Mais les indulgences sont ensuite vendues : dès que l’or tombe dans la sébile, l’âme s’échappe du purgatoire.

De plus en plus, le fidèle se confesse non pas poussé par la conscience de sa faiblesse mais par peur de la punition après la mort. Certains humanistes contribuent à la diffusion d’idées nouvelles. Le texte originel de la Bible se trouve ainsi restauré. La naissance de l’imprimerie permet la diffusion d’éditions de bibles en langue vernaculaire. De plus l’Église continue à condamner les profits bancaires, le profit monétaire dans ses tribunaux ecclésiastiques même si ses positions se sont quelque peu assouplies. Les banquiers sont particulièrement nombreux en Allemagne du Sud. Les facteurs politiques ne sont pas absents non plus.

Le développement des États se heurte à la puissance temporelle de l’Église. De plus en plus, les princes cherchent à intervenir dans le choix des membres du Haut-clergé, évêques, abbés. En effet, les postes ecclésiastiques sont liés à des bénéfices. L’autorité universelle du pape, proclamée par Grégoire VII depuis 1075, se heurte à l’autorité grandissante du souverain. Le pape peut lever des impôts réguliers ou exceptionnels dans tous les pays d’Occident. Les rois protestent de plus contre les sorties d’argent de leur royaume, argent dont ils ont le plus grand besoin pour leurs guerres ou pour affermir leur pouvoir.

Le pape édicte aussi des bulles, lois valables dans toute la chrétienté. Il peut ainsi lever des troupes par l’intermédiaire de bulles de croisades, cependant de moins en moins suivies d’effets. Mais ce qui affaiblit le plus l’Église catholique, c’est la perte de la sacralité. Jan Hus au bûcher, 6 juillet 1415. Pierre Valdo le fondateur du mouvement des Pauvres de Lyon, John Wyclif l’universitaire anglais, Jan Hus le préréformateur tchèque brûlé en 1415 à Constance. Un des plus anciens précurseurs de la Réforme est l’anglais John Wyclif.

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