La Bête PDF

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Un article de La Bête PDF, l’encyclopédie libre. Seconde Guerre mondiale, sous forme de satire animalière du conflit et de l’occupation. C’est une des rares bandes dessinées françaises réalisées sur l’Occupation, avec Les Trois Mousquetaires du maquis de Marijac.


On devinait son agonie toute proche et déjà le régime qu’il avait instauré sentait le cadavre. Entre Le Vésinet et Ménilmontant, dans la gueule du grand loup, au groin du cochon décoré, et sans l’autorisation du putois bavard, cet album a été conçu et rédigé par Victor Dancette et Jacques Zimmermann, et illustré par Calvo sous la direction artistique de William Péra. Des rééditions sont sorties en 1977 chez Futuropolis et en 1995 chez Gallimard. Le récit est composé des éléments connus en 1944. Les auteurs soulignent quelques-unes des fautes qui ont conduit au désastre.

Wehrmacht l’avait contournée par la Belgique. Ceux des nôtres qui se battaient ainsi savaient bien qu’ils ne pouvaient espérer une victoire, mais ils avaient fait le sacrifice de leur vie. Un dessin représente les collaborateurs sous forme de crapauds et de rats. La représentation des souffrances vécues par les populations occupées est très réaliste, ce qui corrobore le contexte dans lequel cette bande dessinée a été conçue, contexte dans lequel ces souffrances étaient encore vécues. Railleries des argumentations de la propagande : la défense élastique sur le front de l’Est, représentée par des loups de la Wehrmacht en retraite tenus les uns aux autres par des bretelles.

La Shoah est évoquée brièvement, en deux cases, mais de manière explicite, et l’étoile jaune apparaît dans le détail d’un dessin. La libération de Paris est symbolisée par une transcription du célèbre tableau d’Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, avec des différences importantes dans la mimique des personnages. Notre Dame ferment le fond de la rue. Français contre les Prussiens alliés aux Saxons. J’en sais qui, parmi les plus fiers, tombèrent à genoux sur cette terre qu’ils allaient quitter pour l’exil et leurs lèvres retrouvèrent les prières de leur enfance pour implorer le Dieu qu’ils avaient négligé depuis des années. Il est proposé aux néo-chantres des  valeurs françaises  de relire la page 20 :  Au temps enfin où nous vivions, tous, heureux sans trop le savoir, dans une liberté totale dont personne d’ailleurs n’abusait vraiment.

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