La Main de Richelieu ou le pouvoir cardinal PDF

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La fonction exercée par Richelieu auprès de Louis XIII est souvent désignée par l’expression de  Premier ministre , bien que le titre ne soit utilisé à l’époque que de façon officieuse pour désigner le ministre principal du roi dont l’action englobe aussi bien des dimensions politiques, diplomatiques et coloniales que culturelles et religieuses. Réputé pour son habileté voire pour son caractère jugé retors, souvent critiqué la Main de Richelieu ou le pouvoir cardinal PDF sa fermeté intransigeante, il rénove la vision de la raison d’État et en fait la clef de voûte de ses méthodes de gouvernement et de sa conception de la diplomatie et de la politique. Richelieu est considéré comme l’un des fondateurs majeurs de l’État moderne en France.


Son action est un dur combat pour un renforcement du pouvoir royal. Il n’est baptisé qu’au huitième mois, le 5 mai 1586, à l’église Saint-Eustache de Paris. Il est aussi question d’une  Marguerite  dans les registres de naissances de l’église de Braye-sous-Faye, paroisse du château de Richelieu en Poitou, mais, faute d’éléments, on peut penser que cette enfant est morte en bas âge. Alors que le jeune Armand n’est âgé que de cinq ans, son père, capitaine des gardes d’Henri IV, meurt le 10 juin 1590 de fièvre pernicieuse. Il laisse une famille endettée mais la générosité royale lui permet d’éviter les difficultés financières. Il reçoit ensuite une formation à l’académie équestre de Monsieur de Pluvinel, qui forme les gentilshommes à la carrière militaire.

Il y apprend l’équitation, mais aussi la voltige équestre, l’escrime, la danse, la littérature, les mathématiques et le dessin. Il rencontre le chapitre de Luçon à Fontenay-le-Comte le 15 décembre 1608 et ne se rend à Luçon que l’année suivante. Richelieu l’emploie par la suite souvent comme émissaire et agent à l’occasion de tractations diplomatiques. Ce premier ministériat ne durera que 6 mois. Le 24 avril 1617, l’assassinat de Concini, dont Louis XIII et le duc de Luynes sont les instigateurs, entraîne la mise à l’écart de la reine mère de l’entourage du roi.

Richelieu se trouvant alors du mauvais côté, doit suivre la reine mère en disgrâce à Blois. Il essaie dans un premier temps de s’entremettre entre la reine mère et le duc de Luynes, puis se retire le 11 juin dans son prieuré de Coussay sans en avertir la reine qui se montrait de plus en plus méfiante envers son chef de Conseil. Marie de Médicis en résidence surveillée au château de Blois s’en échappe le 22 février 1619 avec la complicité du duc d’Épernon et prend la tête d’une rébellion aristocratique. Luynes fait alors appel à Richelieu qu’il charge de négocier un accommodement entre la mère et le fils. Même si Luynes se rapproche de Richelieu en mariant son neveu M.

Combalet à sa nièce Marie-Madeleine, Louis XIII et son favori agissent en sous-main contre lui. La même année, Richelieu devenu cardinal est suggéré par Marie de Médicis au jeune roi. Cependant Louis XIII — qui garde un amer souvenir de Concino Concini — refuse dans un premier temps de faire appel au cardinal. Triple portrait du Cardinal de Richelieu par Philippe de Champaigne, Londres, National Gallery. D’abord méfiant, Louis XIII accorde ensuite sa confiance à Richelieu.

Marie de Médicis finit par s’offenser de la volonté de Richelieu de contrer l’hégémonie de la maison catholique des Habsbourg : il est prêt dans cet objectif à s’allier avec des États protestants. Le cardinal de Richelieu au siège de la Rochelle, par Henri-Paul Motte. Musée d’Orbigny Bernon, La Rochelle, 1881. Or, à la suite de l’édit de Nantes, les protestants de France forment un État dans l’État : ils ont leurs assemblées politiques, une organisation territoriale et leurs places fortes militaires. Leur métropole est la ville de La Rochelle qui s’est de fait depuis un demi-siècle affranchie de l’autorité royale. Richelieu décide de soumettre définitivement la ville.

Par ailleurs, le climat religieux de l’époque est à l’heure d’une contre-offensive du catholicisme. C’est la contre-réforme : Louis XIII est profondément catholique depuis toujours, contrairement à son père Henri IV qui s’est converti du protestantisme au catholicisme pour accéder au trône. Il donne davantage de pouvoir aux Intendants qui sont envoyés pour faire appliquer les décisions royales dans les provinces. Les gouverneurs des provinces, parfois de puissants notables, sont surveillés et Richelieu n’hésite pas à sévir avec les plus Grands : il fait décapiter le duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, qui prend les armes avec Gaston d’Orléans en 1632 et défend les réclamations de la province.

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