Le Crocodile, le cheval, l’homme : Trois cerveaux, trois lois naturelles PDF

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Par ces mots, Andy Fisher définit le sujet de l’écopsychologie : la relation homme-nature. Mais, qu’est-ce au juste que la nature ? Quand nous abordons le concept nature , il faut savoir que nous nous situons alors selon une vision occidentale du monde qui oppose la nature aux hommes et aux œuvres humaines, autrement dit la nature à la culture. Dans d’autres sociétés, celles des peuples premiers, ce concept n’existe pas car plantes et animaux sont inclus dans la sphère globale dont le Crocodile, le cheval, l’homme : Trois cerveaux, trois lois naturelles PDF-mêmes font partie.


 » Connais-toi toi-même.  » A cette ambition aussi ancienne sans doute que l’humanité elle-même, l’homme a peu à peu ajouté la question corollaire :  » comment connaître l’instrument même de la connaissance : le cerveau ?  » Paul Mac Lean, après avoir étudié la philosophie, obtint en 1940, à Yale (USA), son diplôme de médecin. Il est célèbre pour sa conception du cerveau trinitaire : un cerveau, trois structures distinctes et trois fonctions, qu’il résume ainsi :  » L’homme se trouve dans la situation embarrassante d’avoir reçu de la Nature trois cerveaux qui, malgré de grandes différences de structure, doivent communiquer et fonctionner ensemble. Le plus ancien est fondamentalement reptilien, le second est hérité des mammifères inférieurs, le troisième s’est développé chez les mammifères supérieurs et, atteignant son point culminant chez les primates, a rendu l’homme véritablement homme. Pour parler allégoriquement de ces  » trois cerveaux  » dans le cerveau, on peut imaginer que le psychiatre qui fait étendre l’homme, son patient, lui demande de partager le divan avec un cheval et un crocodile « . Dans l’unité du cerveau, chacune des trois structures spécialisées anatomiquement et fonctionnellement, apparaît être le substrat de trois lois naturelles : le cerveau reptilien est celui de la défense de l’espèce et de l’ordre dans la horde ou la tribu. Le cerveau mammifère est celui de l’émotivité et de son ambivalence et, surtout, celui de l’apparition de la famille primitive et, ainsi, l’aube de l’amour. Le cerveau des primates supérieurs culmine en l’homme, c’est celui de la raison, de la volonté, de la liberté. La question ultime de la métaphysique et de ses multiples  » affluents  » s’éclaire peu à peu à la lumière des travaux d’un grand prix Nobel de médecine : Eccles. Au long de cette progression  » ontologique « , se présentent de multiples interrogations, apparaissent des pistes, peut-être des réponses, ici confortées grâce à l’apport de la philosophie de Claude Tresmontant, sous le signe de l’humour et du bon sens…

Le mot évoque ce qui est dans son état natif, qui n’a pas été modifié depuis sa naissance, qui n’a pas été transformé, mélangé ou altéré par un artifice quelconque, ce qui est en train d’émerger, ce qui se produit par soi-même. Notons comment la nature, dans son sens primordial, est un processus, un verbe. Le sens commun du mot nature est donc éloigné du sens étymologique, selon lequel la nature désigne un ensemble de phénomènes et de situations qui sont fortement évolutifs et dont la transformation n’est pas seulement du fait de l’homme mais aussi de sa propre dynamique. Fondamentalement, la nature est autre, elle a sa propre logique. Les organismes, les écosystèmes s’autorégulent sans autre finalité que de se maintenir et de se reproduire. Ils obéissent à leurs propres nécessités. Autrement dit, la nature, processus vivant qui naît, se déploie et meurt, échappe complètement à l’emprise humaine.

Elle est ce que nous rencontrons à l’extérieur de nous tout autant que ce que nous rencontrons à l’intérieur : notre nature humaine, notre nature profonde. Elle est l’altérité qui interagit constamment avec nous, qui façonne notre être jour après jour en lui permettant d’échapper au monde clos que nous risquons à tout moment d’édifier. Pour le philosophe Gérald Hess, le mot nature nous renvoie avant tout à une représentation. La relation, c’est l’interdépendance entre deux êtres ou entre deux entités. Suivant les éléments naturels extérieurs avec lesquels nous entrons en contact, nous n’aurons pas la même réaction. Se retrouver nez à nez avec une laie et ses petits au cœur de la forêt ne provoque évidemment pas le même effet que découvrir une fleur d’hellébore à peine éclose le long du chemin.

Les deux situations n’activent pas les mêmes zones neuronales en nous, elles ne déclenchent pas les mêmes émotions et, par conséquent, n’engendrent pas les mêmes comportements. Concernant la réaction des êtres humains vis-à-vis des éléments naturels, des différences importantes existent également selon qu’ils appartiennent à une culture ou une autre. Aussi parler de la relation homme-nature, comme l’écopsychologie tente de le faire, comporte-t-il un risque, celui de généraliser, de globaliser, de simplifier à l’extrême, comme si cette relation n’était qu’une. En réalité, elle présente des formes multiples en fonction des partenaires en présence. C’est seulement en acceptant de tenir compte de cette diversité de situations, en refusant la globalisation, que l’écopsychologie gagnera en intelligence, en complexité, en capacité de communiquer et se fera ainsi mieux comprendre.

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