Le Sacre PDF

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Saint Yves La Salle  a désormais sa nouvelle page Facebook. N’hésitez pas à venir découvrir ce que vivent les jeunes tant dans l’établissement le Sacre PDF’à l’extérieur à l’occasion de leurs sorties pédagogiques, sportives en France ou à l’international ! Le Sacré Cœur propose aux jeunes passionnés de se former en cultivant leur sport de prédilection.


Riche par sa diversité, l’implication de ses équipes et les diverses propositions du « Construire l’Homme », notre projet éducatif permet aux jeunes d’être écoutés, valorisés, de grandir avec exigence et bienveillance, de s’ouvrir aux autres et de s’engager avec les différents partenariats. Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. Le sacré est une notion d’anthropologie culturelle permettant à une société humaine de créer une séparation ou une opposition axiologique entre les différents éléments qui composent, définissent ou représentent son monde : objets, actes, espaces, parties du corps, valeurs, etc. Il est d’usage de considérer que l’acte de sacraliser est spécifique des tribus primitives, des peuples isolés et des civilisations anciennes.

Il désigne ce qui est inaccessible, indisponible, mis hors du monde normal, et peut être objet de dévotion et de peur. Le sacré est synonyme d’espoir, d’authentification de l’homme en un principe supérieur, celui du monde non intelligible. Selon Camille Tarot, le concept du sacré est conçu par les anthropologues contemporains comme la réponse à un ensemble d’expériences propres non seulement aux sociétés archaïques et traditionnelles mais aussi à toutes les autres cultures qui leur ont succédé. Sur le plan phénoménologique, nous pouvons entrevoir ce qui, dans les cultures humaines, est visé dans les expériences du sacré : avant tout, le numineux.

Le numineux est un concept avancé par Rudolf Otto et ensuite largement utilisé. 1917, Otto traduit le concept de sacré en référence au latin, où le terme numen se rapporte à la divinité, soit en un sens personnalisé, soit en référence à la sphère du divin en général. Pour Otto, le numineux regarde toute expérience non rationnelle du mystère, se passant des sens ou des sentiments, et dont l’objet premier et immédiat se trouve en dehors du soi. Le numineux est aussi, selon Carl Gustav Jung :  ce qui saisit l’individu, ce qui, venant d’ailleurs, lui donne le sentiment d’être , traduisant, par conséquent, une expérience affective d’être. Le sacré entre ainsi selon Camille Tarot dans  la composition d’une essence, celle de son identité . Sur le plan historique,  tantôt il semble s’identifier ou se confondre avec le divin : c’est le cas des religions archaïques, tantôt c’est le sacré qui s’estompe au profit du divin ou de la transcendance : c’est le cas des formes religieuses qui relativisent mythes et rites ou préconisent l’accès au divin . Enfin, toujours pour Camille Tarot, le sacré serait à l’origine du fait religieux, lequel serait à reconnaître  dans la conjonction du symbolique et du sacré .

Dans le catholicisme, l’expression le sacré désigne spécialement l’Eucharistie. Les éléments du sacré sont généralement considérés comme intouchables : leur manipulation, même en pensée, doit obéir à certains rituels bien définis. Ne pas respecter ces règles, voire agir à leur encontre, est généralement considéré comme un péché ou crime réel ou symbolique : c’est ce qu’on nomme un sacrilège. Le sacré, être collectif et impersonnel, représente ainsi la société elle-même. Les choses sacrées sont celles que les interdits protègent et isolent, et les choses profanes étant celles auxquelles ces interdits s’appliquent et qui doivent rester à l’écart des premières. Sacré et Profane est l’essence du fait religieux.

La  voie du sacré  est à l’origine de ce que Mircea Eliade appelle l’homo religiosus,  celui qui peut connaître lui-même l’irruption d’une vision transcendante et globalisante . Mircea Eliade souligne que la religion ne doit pas être interprétée seulement comme  une croyance en divinités , mais comme  l’expérience du sacré . On pourrait dire , écrit Mircea Eliade,  que l’histoire des religions, des plus primitives aux plus élaborées, est constituée par une accumulation de hiérophanies . On n’insistera jamais assez sur le paradoxe que constitue toute hiérophanie, même la plus élémentaire.

En manifestant le sacré, un objet quelconque devient autre chose, sans cesser d’être lui-même, car il continue de participer à son milieu cosmique environnant. Selon Albert Assaraf, une telle explication reste fondamentalement à la périphérie du phénomène. C’est en raison de notre prédisposition innée, dit-il, à classer les objets du monde selon une échelle de force , qu’une simple pierre finit par désigner quelque chose de  tout autre  qu’elle-même. Il subsiste, écrit Eliade, des endroits privilégiés, qualitativement différents des autres : le paysage natal, le site des premières amours, ou une rue ou un coin de la première ville étrangère visitée dans la jeunesse. Paysage natal ,  site des premiers amours ,  une rue ou un coin de la première ville étrangère visitée dans la jeunesse , ne sont-ce pas là tout simplement des objets d’attachements initiaux que l’esprit humain place très haut sur une échelle imaginaire verticale ? Plusieurs penseurs émettent l’idée qu’en société  sécularisée , la notion de sacré non seulement ne s’oppose pas à celle de profane mais s’exprime à travers des formes institutionnelles habituellement considérées comme profanes. Roger Caillois est le premier à mener une étude comparative des sociétés archaïques et celles qualifiées de  développées .

Selon lui, quelles que soient les périodes, le sacré se révèle principalement à travers la fête et la guerre. Ce n’est pas la technique qui nous asservit mais le sacré transféré à la technique. Ce n’est pas l’État qui nous asservit, c’est sa transfiguration sacrale. Ellul développe cette thèse en s’appuyant sur toute une série d’arguments. Troisièmement, et conséquence des deux premières étapes du processus, en même temps qu’ils désacralisaient la nature, les humains ont sacralisé à sa place, les processus leur ayant permis de la désacraliser, et qu’Ellul rassemble sous le nom de  technique . Depuis l’informatique et l’automation, la technique constitue aujourd’hui un cadre de vie à part entière, exactement au même titre qu’autrefois la nature.

L’Homme et le sacré, Paris, Leroux, 1939, XI-148 p. Altizer, Mircea Eliade and the Dialectic of the Sacred, The Westminster Press, Philadelphia, 1968. Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane, Éditions Gallimard, Paris, 1956. Mircea Itu, Mircea Eliade, Editura Fundaţiei România de Mâine, Bucarest, 2006, page 35.

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