Les chagrins d’amour : Un moment de vérité PDF

Les chagrins d’amour : Un moment de vérité PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. En 2007, le roman est adapté au cinéma par Claude Miller. Le narrateur est né dans la France de l’après-guerre en 1948. Chétif et de santé fragile, les chagrins d’amour : Un moment de vérité PDF d’un creux thoracique sous le plexus, il souffre de son physique, nécessitant des soins permanents de son infirmière et confidente Louise, 60 ans, vieille et boiteuse, dont le cabinet est installé à côté du magasin d’articles de sport tenu par ses parents, Maxime et Tania, tous deux grands athlètes passionnés.


Le chagrin d’amour naît de multiples causes, mais fait toujours irruption comme une condamnation sans appel, une sorte de mort. Certains, comme Werther, n’y survivent pas. D’autres le traversent, taciturne ou ressassant leur plainte, seul ou entouré. Tous cependant font figure de héros, au sens originel du mot, dans la mesure où ils se confrontent au plus profond des cataclysmes : la perte d’amour. Surmonter ce désastre, c’est faire un pas de plus dans la condition humaine, c’est, tel Orphée, revenir des enfers en laissant l’être aimé derrière soi. C’est aussi, nous dit Patrick Avrane, s’ouvrir à une connaissance de soi. Car, dans l’amour, il y a toujours une part de tromperie. On aime dans l’autre une image idéalisée, miroir de nos désirs – l’amour rend aveugle, dit-on. Dès lors, le chagrin décille. Il peut même nous révéler une vérité essentielle : cette faille en chacun qui fait qu’on n’est jamais tout pour l’autre. Et alors nous initier à une nécessité vitale : la capacité à être seul. Ainsi le chagrin d’amour est-il un des premiers pas vers l’âge adulte, une expérience de rupture : c’est Juliette s’opposant à sa famille pour aimer Roméo, jusqu’à la mort. Nourri aux chagrins amoureux de la littérature (Werther, Tristan et Yseut, Phèdre, ou même Amable, le boulanger de Pagnol) autant qu’à des expériences racontées au psychanalyste, ce livre nous montre aussi que la perte d’un être aimé ne peut être recouverte, le chagrin, lui, se traverse.

Fils unique, il s’invente un grand frère plus grand, plus fort, et protecteur pour lui servir de modèle et le consoler lors de ses chagrins. Cependant, ce frère devient lui aussi oppressant, tyrannique et invincible avec le temps. Baptisé inhabituellement tard, sa circoncision a été effectuée  pour des raisons chirurgicales  que l’on ignore totalement. L’enfant grandit, complexé par son corps, torturé par son frère, développant une imagination morbide, l’impression d’être seul, noircissant des pages entières dont le contenu, trempé de larmes, est à l’avenant. C’est l’histoire d’un enfant qui s’imagine un frère plus fort pour avoir un exemple. Sur base des bribes de confidences fortement fragmentaires arrachées à ses parents, le narrateur qui vit une vie rangée et bizarrement pesante parmi des personnages divers et variés semblant pourtant partager un même malaise, se construit un premier récit de la vie de ses parents avant lui.

Maxime, fils d’un émigré roumain, aurait voulu faire des études, mais est contraint, faute de moyens, d’intégrer l’affaire familiale de bonnèterie. Par revanche, il devient lutteur et gymnaste accompli, développant son corps en même temps que son charme. Il connaît une brève aventure avant de rencontrer au gymnase Tania : plongeuse émérite, mannequin et styliste à ses moments perdus, qui vit avec sa mère couturière. Ses parents se marient avant la guerre, mais ne veulent pas encore d’enfants. En 1942, fuyant les privations et réquisitions, ils se réfugient en zone non occupée dans l’Indre, où ils connaissent une période insouciante et sublime de deux ans, en marge de l’Histoire. Rentrés après la Libération, retrouvant des voisins enrichis en même temps que leur commerce confié à la vigilance de la fidèle Louise, ils doivent faire face aux privations mais parviennent à relancer les affaires.

Leur enfant naît à ce moment. Le masque craquèle avec les premiers films sur cette période. Bien qu’il s’agisse de fictions avec des figurants, Maxime quitte la pièce, en entendant parler allemand. Le moment décisif survient peu après le quinzième anniversaire du narrateur, lors d’une projection scolaire de documents sur les camps d’extermination. Le narrateur, s’il avait vécu à l’époque de ces faits, aurait été marqué de l’étoile jaune. Simon, fils de Maxime et Hannah. Maxime, a cédé aux demandes de sa belle-famille et se marie religieusement.

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