Ligne après ligne. Compétition, anorexie et délivrance PDF

Ligne après ligne. Compétition, anorexie et délivrance PDF

Elle correspond à ce qu’on appelle traditionnellement une timidité extrême, gênante ou handicapante. Hippocrate avait déjà ligne après ligne. Compétition, anorexie et délivrance PDF la timidité aux alentours de 400 av. Dans les années 1930, des psychologues ont utilisé le terme de  névrose sociale  pour décrire les patients extrêmement timides. Joseph Wolpe sur la désensibilisation systématique, les recherches sur les phobies et leurs traitements augmentent.


De l’exigence de la natation synchronisée de haut niveau à la spirale de l’anorexie, Alice Erlinger livre, sans fard, sans tabous et avec une résolution exceptionnelle, son humiliation dans l’engrenage de la compétition et sa souffrance dans l’absurdité de la maladie. Au désir de mettre fin à son existence pour achever une lutte sans fin entre elle et la maladie, Alice Erlinger a su substituer une volonté presque compulsive de profiter de chaque moment. Avec Ligne après ligne, dans un style intime et efficace, elle témoigne de son lent retour à la vie.

L’auteur s’exprime :

1. Pourquoi avez-vous choisi de témoigner?
J’ai choisi de témoigner pour trois raisons : Tout d’abord pour moi-même car j’en ressentais un immense besoin. Le besoin de rassembler en un seul morceau tous les fragments de cette vie défragmentée que je venais de connaitre. Rassembler les sensations de peur qu’elles ne s’effacent, rassembler les conseils et les déclics de la renaissance pour ne jamais les oublier, et essayer de construire une trame, un semblant d’explication à cet enchainement incontrôlé qui venait de se produire (tant dans la lutte que dans la délivrance). Ensuite, pour les autres. Les autres nageuses, les autres malades, les autres familles de malades. Ecrire pour exprimer la possibilité de s’en sortir, l’absence de fatalité dans cette maladie, aussi profondément ancrée qu’elle puisse être. Ecrire pour donner de l’espoir. Enfin, je pense que j’ai écrit pour mettre une fin « officielle » à cette maladie, pour terminer de me convaincre que tout cela était derrière moi, pour que mes proches puissent eux aussi passer à autre chose. Pour les remercier.

2. Vous avez fait partie de l’équipe de France de natation synchronisée aux championnats du monde junior en 2006 à Pékin. Que vous inspirent les jeux olympiques de Londres ? Pensez-vous que l’on rend suffisamment compte des exigences extrêmes qu’impliquent le sport de haut niveau ?
Je suis admirative devant ces sportifs qui ont continué jusqu’au Jeux Olympiques (le rêve ultime de tout sportif de haut niveau), devant ces talents, ce courage, cette précision, cette force ! Je suis émue pas les larmes des sportifs sur le podium, par la marseillaise, par les jeux olympiques. Mais je suis aussi révoltée par ce qui se cache parfois derrière une victoire.

3. Votre lutte contre l’anorexie a été une lutte extrême, un combat de vie dont l’environnement a été déterminant. Qu’avez-vous envie d’exprimer à celles et ceux qui connaissent cette épreuve?
Cela ne répond pas vraiment à la question, mais j’ai déjà envie de dire un grand merci à mes proches. Mes parents en particulier. Par leur stabilité, leur patience, leur intelligence, leur confiance en ma guérison et surtout par leur amour, ils m’ont permis de m’en sortir.
Ce que je voudrais dire aux malades c’est qu’il y a deux voies : soit se complaire dans cette maladie (parce qu’on pense à tort que c’est la moins pire des solutions face à notre malheur) soit se donner les moyens de s’en sortir. Et je veux leur dire que la seule voie acceptable est la deuxième. Il faut choisir cette voie, accepter l’aide, remettre en questions tous les mécanismes et manières de penser (puisque ce sont ceux de la maladie et non ceux de la vrai identité de l’individu) et arrêter de se mentir à soi-même. Avoir le courage de reprendre du poids et d’exister autrement que par la maladie. Cela demande un effort initial mais cet effort est tellement récompensé par le bonheur de la suite ! Les déclics qui s’en suivent, inimaginables tant que l’on a pas repris de poids et un peu « lâcher prise » sont tellement bons !

Ces peurs peuvent être déclenchées par le fait d’être observé par les autres ou de penser qu’on l’est. Les patients craignent d’être vus comme anxieux, bizarres, distants ou idiots. Alors que ces peurs sont reconnues par la personne comme excessives et irrationnelles, il lui est très difficile de les surmonter. On parle alors de phobie sociale de performance. Contrairement à d’autres troubles psychiatriques, on ne retrouve pas d’idées de persécution. Les symptômes physiques qui accompagnent la phobie sociale sont : le fait de rougir ou de transpirer excessivement, des tremblements, des palpitations et des nausées. Souvent, la phobie sociale apparaît précocement.

Un diagnostic précoce pourrait aider à diminuer les symptômes et le développement de problèmes associés. Dans les modèles cognitifs de phobie sociale, les patients redoutent la manière dont ils vont être perçus par les autres. Ils sont excessivement focalisés sur eux-mêmes et ont des attentes très élevées. Ces pensées sont souvent pessimistes, auto-défaitistes et infondées. Les patients interprètent souvent une expression neutre ou ambiguë de manière négative.

Les distorsions cognitives sont une caractéristique principale de ce trouble. Elles sont identifiées et assouplies en thérapies cognitivo-comportementales. Ces symptômes visibles peuvent être la cause d’un cercle vicieux car elles peuvent confirmer les cognitions des patients et renforcer ainsi l’anxiété. Pour éviter ces désagréments, les patients évitent ces situations, ce qui empêche cette réponse physiologique, mais a tendance à les sensibiliser à aggraver leurs troubles à plus long terme.

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