Lumières ! : Un héritage pour demain PDF

Lumières ! : Un héritage pour demain PDF

Né au Tibet en 1947, il a été reconnu très jeune comme la réincarnation d’un des maîtres du treizième dalaï-lama, ce qui impose le respect de la communauté religieuse. Dès son arrivée en Europe, en 1971, il commence à enseigner les rudiments du bouddhisme tibétain aux Occidentaux. En plein rejet du christianisme, la génération hippie lumières ! : Un héritage pour demain PDF passionne pour cette forme de spiritualité exotique. Une vision idéale: un maitre « réalisé » priant au coucher du soleil.


Le projet Lumières ! Un héritage pour demain est né du 11 Septembre. Le spectacle de ce monde encore enfumé par l’effondrement des tours fit alors resurgir les images des combats d’un autre âge. Les figures anciennes de ce que Voltaire nommait l’a Infâme  » semblèrent ressusciter soudain pour entraîner les sociétés modernes dans une ronde funeste où la terreur rejoindrait la superstition et les préjugés les plus destructeurs. Déjà, lors du Bicentenaire de la Révolution, qu’illustra de manière imprévue l’effondrement du communisme à l’Est, s’était affirmée une évidence double. Celle que les nirvanas promis avaient justifié tous les totalitarismes, mais aussi, d’un même mouvement, celle que le champ laissé libre risquait d’être envahi par d’autres perversions: le cynisme du marché, les tentations du relativisme, les brutalités de l’inégalité. Et c’est pourquoi s’imposait un recul plus lointain, jusqu’au temps des philosophes. Pour rendre aux Lumières leur pleine vertu de force et d’inspiration, la Bibliothèque nationale de France a invité, autour de Tzvetan Todorov, un groupe d’intellectuels éminents. Ensemble, ils ont fait de cet ouvrage un manifeste propre à rappeler le rôle littéralement primordial qu’ont joué les Lumières, non seulement en Europe, mais dans le monde entier. Tout le propos de ces trésors du XVIIIe siècle ici rassemblés est de rappeler le socle intellectuel et moral qu’il nous a légué, de rajeunir la réflexion critique et, enfin, de faire sortir du champ de l’érudition ces documents prestigieux en les offrant à l’examen de notre temps, pour la lucidité et pour l’action.

Obèse mais énergique, le petit homme prend de l’envergure, jusqu’à fonder le centre de Lerab Ling. Le temple, modèle d’architecture bling-bling en pleine nature, est inauguré en grande pompe par le dalaï-lama en 2008, en présence de Carla Bruni-Sarkozy, Rama Yade et Bernard Kouchner. Il accueille aujourd’hui de 2 000 à 3 000 retraitants chaque année. Mais, en ce mois de juillet 2011, les 500 personnes inscrites à la traditionnelle retraite estivale de Lerab Ling ont d’autres préoccupations.

Venues d’Italie, des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Angleterre ou de France, toutes ont délaissé les plages et l’apéro au rosé pour s’isoler huit jours dans l’espoir de découvrir les secrets de la méditation. Quand le maître apparaît enfin sur l’estrade dans sa robe orange, comme il le fera chaque jour aux alentours de midi, les 500 groupies se lèvent comme un seul homme. Sogyal Rinpoché, c’est 1 m3 de pure sagesse : ça s’accueille dignement. Ce matin-là, dans le temple à la décoration surchargée, où domine un bouddha en or de 7 m de haut, le gourou pointe d’un doigt agacé un grand portrait de maître placé derrière lui. Qu’est-ce qu’elle fait là, cette photo ? S’ensuivent vingt minutes de mise au point et de brimades, alors que nonnes et disciples s’agitent en tous sens pour déplacer la photo. De quoi rendre perplexes certains élèves.

Laura, une Française de 31 ans, s’interroge : Je n’arrive pas à faire le lien entre le Livre tibétain de la vie et de la mort, qui m’a bouleversée, et le personnage que je viens de découvrir . Les nouveaux se rejoignent tous sur un point : pourquoi diable le maître s’acharne-t-il sur ses assistants qui se plient en quatre pour le servir ? L’épreuve du feu pour tester la volonté des disciples de casser tous leurs concepts se présente le troisième jour. Sans doute encouragé par le climat de compassion qui règne à Lerab Ling, un Néerlandais d’une quarantaine d’années juge le moment opportun pour se confesser devant le maître, et accessoirement devant les centaines de personnes également présentes dans le temple.

Mais la séance prend un tour inattendu quand l’homme se met à raconter ce qui suscite le courroux de sa femme : J’ai travaillé pendant vingt-cinq ans avec des enfants handicapés mentaux. Un jour, j’ai abusé de ma position avec l’un d’eux . Je l’ai dit à ma femme, et c’est pour ça qu’elle fait peser une pression terrible sur moi, elle a toujours peur que je fasse quelque chose à notre fille de 4 ans . Le sujet divise les retraitants et alimente toutes les conversations. Les plus anciens élèves viennent voir les nouveaux, pour discuter avec eux du mouvement de colère que l’épisode soulève chez certains. Le temple de Lerab Ling en Dordogne.

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