Montaigne : Scepticisme – Métaphysique – Théologie PDF

Montaigne : Scepticisme – Métaphysique – Théologie PDF

Marcel Conche, Foire du livre de Brive 2014. Marcel Conche à la foire du livre de Brive 2014. Paris où Gaston Bachelard est l’montaigne : Scepticisme – Métaphysique – Théologie PDF de ses professeurs. Agrégé de philosophie et docteur-ès-lettres, Marcel Conche a produit une œuvre à la fois abondante et variée, qui traite de nombreuses questions de métaphysique.


Montaigne est un philosophe et un philosophe difficile. Un philosophe ce n’est pas parce que les Essais ne suivent pas un ordre systématique, qu’ils ne relèvent pas de l’histoire de la philosophie. Un philosophe difficile. Pourquoi, en effet, les Essais ont-ils été souvent laissés dans les marges inexploitées de l’histoire de la philosophie ? À cause d’une particularité, consciemment revendiquée, de leur auteur: pour comprendre Montaigne lui-même, sa propre situation philosophique nous impose de le comprendre immédiatement. Il était donc urgent de s’appliquer à retrouver certains des contextes des Essais, en particulier l’arrière-fond scolastique, trop longtemps exclu des études montanistes. Mais aussi de leur appliquer un principe herméneutique, aussi simple qu’indiscutable en histoire de la philosophie : aller du plus clair au plus obscur, de ce qui est conceptuellement le mieux établi au plus problématique. En l’occurrence, aller du XVIIe siècle, singulièrement de Descartes, aux Essais : accéder au je de Montaigne à partir de l’ego cartésien et par différence avec lui ; plus encore, y accéder, avec et par-delà l’ego cartésien, à partir de l’ego transcendantal et de la réduction phénoménologique. Bref, lire conceptuellement et philosophiquement un philosophe. Le présent volume réunit donc des études d’approches différentes et complémentaires. Il vise d’abord à rapprocher Montaigne de ses lectures antiques – y compris celles dont on ne soupçonne pas ordinairement que Montaigne les a faites. Il entend ensuite confronter les Essais à la scolastique – le Dieu de Montaigne n’est peut-être pas si éloigné qu’on l’a cru du Dieu de certains Nominalistes, voire du Dieu cartésien, libre créateur des vérités éternelles. En résulte une détermination nouvelle du scepticisme de Montaigne, qui permet de mieux mesurer son irréductibilité à ses modèles antiques. Enfin, il s’interroge sur la pertinence actuelle de l’attitude philosophique de Montaigne, en le faisant dialoguer avec d’autres philosophes qui ne furent pas ses contemporains, mais qui sont les nôtres, et sans lesquels il n’est pas aujourd’hui de philosophie – singulièrement la phénoménologie. C’est en excédant les catégories dans lesquelles l’historiographie a voulu l’enfermer et les faux problèmes qu’elle ne cesse de lui poser, qu’un philosophe se révèle pleinement, Montaigne

Bien qu’élevé dans le christianisme, Conche a très tôt rejeté l’explication théologique du monde. Néanmoins, si la philosophie se coupe par essence de la théologie, elle ne doit pas se constituer en science ni prétendre vouloir le faire. Statue de Michel de Montaigne, esplanade des Quinconces à Bordeaux. Conche s’est beaucoup intéressé à l’œuvre de l’humaniste. La philosophie comme métaphysique, c’est-à-dire comme tentative de trouver la vérité au sujet du tout de la réalité, ne peut pas être de la même nature qu’une science.

Elle est de la nature d’un essai, non d’une possession : il y a plusieurs métaphysiques possibles, parce qu’on ne peut trancher quant à ce qui est la vérité au sujet de la façon de concevoir la totalité du réel. L’absolu pour moi, c’est la nature. La notion de matière me paraît insuffisante. Elle a d’ailleurs été élaborée par les idéalistes et c’est hors de l’idéalisme que je trouve ma voie. Il est très difficile de penser la créativité de la matière.

L’homme est une production de la nature et la nature se dépasse elle-même dans l’homme. En donnant des aperçus sur la nature qui se complètent, les présocratiques sont tout à fait différents des philosophes de l’époque moderne qui, eux, construisent des systèmes qui s’annulent. Parménide nous révèle l’être éternel, Héraclite, le devenir éternel, Empédocle, les cycles éternels. Il y a une complémentarité entre eux. De la même façon, les poètes se complètent. La pensée de Conche sur ce sujet a évolué au fil de sa vie et de ses lectures de philosophes grecs tels que Pyrrhon, Héraclite et Parménide. Héraclite apparait alors intemporel :  Mais en définitive, il m’est apparu que le  tout s’écoule  est éternel, que le devenir est éternel.

Ses travaux en histoire de la philosophie font autorité, par exemple ses éditions de Lucrèce ou d’Épicure. Ses réflexions sur la morale s’articulent autour des thèmes suivants : fondement de la morale et distinction essentielle entre la morale et l’éthique. Et une telle morale, impliquée dans tout dialogue, différente aussi bien des morales collectives que des éthiques particulières, a bien un caractère universel, puisque le dialogue avec n’importe quel homme est toujours possible, en droit. Ma position universalisable, mais ne pouvant être universalisée, reste abstraite, contradictoire. Fondamentalement, pour moi, le rôle de l’homme politique consiste à établir la paix, ce que de Gaulle a très bien compris. Marcel Conche est professeur émérite de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre correspondant de l’Académie d’Athènes et citoyen d’honneur de la ville grecque de Mégare. Il a reçu la médaille d’honneur de la Sorbonne en 1980.

Ordre des Arts et des Lettres Commandeur ribbon. Conche a tenté d’établir les rapports que l’œuvre de Nietzsche entretient avec la religion bouddhiste dans Nietzsche et le bouddhisme. Le poème : fragments, PUF, 1996, 1999, 2004, 2009. Tao te king, PUF, 2003, 2004, 2005, 2006, 2008, 2011. Philosopher à l’infini, PUF, 2005, 2006. La Liberté, Les Belles Lettres, coll. Journal étrange IV, Les Belles Lettres, coll.

Entretien avec Gilbert Moreau , dans Les moments littéraires, no 26, 2011. Et nombreux articles dans des journaux philosophiques comme Raison Présente, Enseignement Philosophique, Revue philosophique, Le Nouvel Observateur hors série, Magazine littéraire, etc. Marcel Conche, Épicure en Corrèze, Folio, Paris, 2016, p. Voir Anaximandre, Fragments et témoignages, texte grec, traduction, introduction et commentaire par Marcel Conche, PUF, 1991.

Depuis, la notion de Dieu a totalement disparu de mon paysage intellectuel. Je suis certain qu’aucune réalité ne correspond au mot « dieu ». Que les croyants en Dieu et moi fassions partie de la même humanité est, pour moi, difficile à penser. Marcel Conche, Épicure en Corrèze, Paris, Folio, 2016, p. 70 ans de services, dans: Education nationale, enseignement supérieur et recherche.

Recension par Fabrizio Frigerio, in: Revue de Théologie et de Philosophie, Lausanne, 1998, vol. Traduit de l’espagnol, thèse de doctorat. Balade en Limousin, Éditions Alexandrines, coll. Sur les pas des écrivains , 2009, p. Marcel Conche et le fondement de la morale , dans Une éducation philosophique, PUF, 1989, p. Entretien vidéo avec Marcel Conche : une sagesse pour ce monde , sur e-ostadelahi.

Rechercher les pages comportant ce texte. La dernière modification de cette page a été faite le 2 novembre 2018 à 20:48. Tout ce à quoi s’intéresse leur auteur se résume en effet en une seule question fondamentale :  qu’est-ce que l’homme ? Pour saisir ce qu’est l’Homme, Montaigne, autant observateur curieux que lecteur érudit, cultivant le doute sur les traditions philosophiques ou savantes dogmatiques, le décrit aussi bien dans ses misères que dans ce qu’il a de grand : les Essais dressent le portrait d’un être dans la moyenne, divers, ondoyant, et surtout plus riche que tous les modèles idéaux auxquels on s’efforce de l’identifier. Un tel livre, prodrome littéraire de la science humaine en gestation et même des sciences exactes en devenir, ne pouvait évidemment laisser indifférent. Si les premières impressions à Bordeaux datent de 1580, des additions sont déjà décidées en 1582 et le livre III n’est édité qu’en 1588 avec la volonté affirmée de se décrire, de se peindre.

L’édition posthume se prépare vers 1590. Marie de Gournay, fille d’alliance de Montaigne. C’est elle qui dirige la première édition posthume des Essais en 1595. Journal de voyage en Italie et enfin les Essais. La première édition des Essais paraît en mars 1580 chez Simon Millanges, à Bordeaux, en deux volumes in-octavo. Elle ne comprend alors que les livres un et deux, eux-mêmes d’un contenu assez léger par rapport aux additions que Montaigne fera par la suite. En 1587 paraît à Paris la troisième édition, chez Jean Richer, en un volume in-duodecimo.

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