Petit dictionnaire du débat politique : Guadeloupe, Guyane et Martinique PDF

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La notion a été petit dictionnaire du débat politique : Guadeloupe, Guyane et Martinique PDF et développée par des auteurs critiquant le terme de  bilinguisme , jugé trop imprécis, source de confusion et dont l’utilisation masque en fin de compte des réalités sociales complexes et dynamiques. Ils envisagent ainsi le bilinguisme uniquement du point de vue de l’individu : le bilinguisme est l’état de l’acteur individuel capable de mobiliser plusieurs variétés de langage. Ferguson en 1959 a caractérisé ces pratiques en stipulant plusieurs faits.


La période que nous venons de vivre est, sans aucun doute, exceptionnelle dans l’histoire de nos sociétés. Depuis la loi de départementalisation de 1946, la Guadeloupe, la
Guyane et la Martinique n’avaient pas connu un débat aussi nourri que celui qui s’est tenu
entre 1999 et 2003 à l’occasion de ce que l’on a qualifié de changement institutionnel et
statutaire. Contrairement à une idée reçue, le débat n’a pas été confisqué par la classe politique ou d’autres cercles d’initiés. Des municipalités, des associations, des partis, des syndicats, des clubs services, des organisations de femmes, des lycées, des étudiants, des paroisses et l’Eglise de Guadeloupe, ont organisé de nombreuses discussions sur l’évolution statutaire sans que l’on puisse évaluer avec précision les catégories sociales et les classes d’âge touchées. Cet ouvrage est le fruit à la fois d’une observation de la vie politique locale et de la participation du Centre d’analyse géopolitique et internationale (CAGI) aux conférences organisées dans le cadre de ce débat. Il cherche ainsi à concilier deux ambitions. La simplicité parce qu’il s’adresse à un large public et la rigueur parce qu’il contient des définitions partagées par la communauté
scientifique. Une des originalités de ce petit dictionnaire est de replacer ces définitions
dans le contexte local de leur production. A celles-ci s’ajoutent les réponses aux questions
posées par les populations. L’adjonction de quelques références bibliographiques après
certains mots, permettra à ceux qui le souhaitent d’approfondir la réflexion.

D’abord la variété  haute  est utilisée lors du culte, dans les lettres, dans les discours, à l’université, etc. La situation diglossique est évolutive et variée. Elle entre souvent dans une dynamique conflictuelle : à terme une des deux variétés l’emporte, parfois après des siècles. Une diglossie peut persister plusieurs siècles comme c’est fréquemment le cas. Elle peut disparaître à la suite de l’apparition de sous-variétés mixtes entre les deux variétés en conflit ou en cas de profonds bouleversements sociaux. En outre, à l’intérieur des grands centres urbains, partout en expansion en Afrique, peut avoir lieu une situation qui n’est pas typologiquement diglossique mais qui peut relever d’une dynamique diglossique.

Plusieurs personnes connaissent deux langues dans une société sans qu’il existe d’usage spécifique pour les formes linguistiques distinctes. Cela se retrouve dans des contextes instables à forte mobilité sociale comme l’Europe romane des Temps Modernes ou des situations intermédiaires entre une diglossie et une autre organisation de la communauté linguistique. C’était souvent le cas dans les colonies européennes où les colons s’occupaient peu des pratiques indigènes. Il n’y avait d’ailleurs que de très rares traducteurs, à peine bilingues. Ce cas de figure ne peut exister que lors d’une absence totale de contact des langues. On peut imaginer que cela a inévitablement existé dans l’histoire de l’Humanité et sans doute que cela se passe encore aujourd’hui dans une contrée parfaitement isolée.

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Les idéologies diglossiques sont des représentations, parfois très ancrées dans la population ou certains de ses secteurs, qui tendent à légitimer la situation diglossique. La notion de diglossie a elle-même été critiquée par certains auteurs qui estiment qu’elle manque d’objectivité, étant donné qu’elle reproduit en un sens le schéma social dont elle est précisément censée analyser le mécanisme en intégrant à sa terminologie les représentations subjectives de  langue haute  et  langue basse . Les pays d’Afrique du Nord sont caractérisés par une situation diglossique entre l’arabe classique, langue prestigieuse et de culture, et l’arabe dialectal, populaire. Ainsi le dialectal, utilisé dans la vie quotidienne par la majorité de la population, n’a aucun statut officiel, au contraire de l’arabe classique, utilisé dans l’enseignement et les médias. L’arabe classique tient également son prestige du fait qu’il est la langue du Coran. Article connexe : Politique linguistique de la France.

En Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et à La Réunion cette situation existe également. L’apport de ces travaux est capital pour la compréhension d’un phénomène jusqu’à récemment assez peu étudié. Katharévousa, langue artificielle et prestigieuse, adoptée par une minorité de la population et restée seule langue officielle jusqu’en 1976, et d’autre part le grec démotique, langue populaire et autochtone. La Katharévousa, très marginalisée actuellement, reste utilisée dans certains milieux conservateurs. Un exemple d’une situation diglossique est celle du créole haïtien dans sa cohabitation avec le français. Presque toute la population d’Haïti parle le créole, mais la classe sociale dominante possède souvent une connaissance appropriée de la langue française, tandis que la population générale ne parle souvent que le créole. Plus de sept cents langues sont parlées en Indonésie.

La langue nationale, l’indonésien, permet aux différentes populations de communiquer entre elles. La grande majorité des Indonésiens est donc bilingue. L’indonésien lui-même présente une situation de diglossie dans laquelle on distingue un niveau formel, celui de l’indonésien standard, qu’on entend à la radio et à la télévision, qu’on lit dans les journaux et qu’on utilise bien entendu dans les contextes formels, et un niveau informel, qui est celui de la conversation quotidienne en famille, dans les magasins et au travail. La région autonome du Xinjiang est principalement habitée par des Ouïghours parlant une langue turque, et par la population Han parlant le mandarin. Même si le Ouïghour est enseigné à l’école, la langue des Hans est la langue officielle, celle des universités. Encore aujourd’hui en Turquie, la langue de prière est encore l’arabe, même les Kémalistes n’ont pas réussi à introduire le turc ou à imposer le turc malgré plusieurs efforts.

Louis-Jean Calvet, La sociolinguistique, Paris, Puf, 1993, p. William Marçais,  La diglossie arabe , L’Enseignement public – Revue pédagogique, tome 104, fasc. Francesc Vallverdú, Hi ha o no hi ha diglòssia a Catalunya? 4, 1978, Centre d’études occitanes, Université Paul-Valéry Montpellier 3. Langues en conflit : Études sociolinguistiques, Paris, L’Harmattan, coll. Conflicte lingüístic valencià : Substitució lingüística i ideologies diglòssiques, Valence, Eliseu Climent, coll.

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