Queer critics : La littérature française déshabillée par ses homo-lecteurs PDF

Queer critics : La littérature française déshabillée par ses homo-lecteurs PDF

Auto-définition par un participant de la Jerusalem Pride 2012. Depuis les queer critics : La littérature française déshabillée par ses homo-lecteurs PDF 2000, les mots allosexuel et altersexuel constituent des tentatives de traduction en français.


Lancelot et son fidèle lieutenant ne cessent de se déclarer leur flamme, inventant une chevalerie très exclusive. Gargantua et son moine ont une complicité truculente, qu’exprime un argot plutôt tendancieux. Et qui sait si le duc de Nemours comme le vicomte de Valmont ne s’intéressent pas à leurs mâles concurrents plus qu’à l’objet officiel de leurs émois – la princesse de Clèves et la marquise de Merteuil, qui se consoleront l’une au couvent et l’autre avec ses jeunes recrues. Ainsi, ils et elles en seraient tous. Religieuses de Diderot, adolescents de Constant, cousins célibataires chez Balzac et, bien sûr, buveurs de thé proustiens ou piliers de cabaret de Genet, tous placent l’ambivalence sexuelle au cœur de la modernité littéraire. Ce soupçon-là, qui brouille la frontière convenue entre homo et hétéro, a pour nom queer, et pour terre d’élection les campus nord-américains. C’est le soupçon que jettent, avec un plaisir contagieux, une poignée de critiques et d’homo-lecteurs américains sur le corpus prestigieux de notre littérature, et plus largement sur l’acte même de lire, qu’ils retournent en un joyeux dé-lire. F C.

No gender, no master, activiste anarcho-queer en lutte contre  l’oppression patriarcale et sexiste . Il avait été utilisé comme titre de roman partiellement autobiographique par William S. En 1969, dans un bar appelé Stonewall Inn à New York, des émeutes ont éclaté, réponse de la clientèle gay, lesbienne et trans à leur arrestation par la police. Cependant la honte de l’homosexualité travaillait toujours à l’intérieur de cette identité. Il était donc nécessaire pour les militants gays et lesbiennes de choisir un modèle pour leur nouveau mouvement, et le succès récent des militants noirs a été très convaincant. Les racines idéologiques de la théorie queer se trouvent dans le féminisme américain des années 1980.

Le premier concernait les Sex Wars qui divisaient les théoriciennes et militantes féministes sur le rôle de la pornographie dans l’oppression des femmes. L’autre fêlure, la  menace mauve , concernait la présence de lesbiennes dans les rangs de féministes. L’homophobie prévalente de la deuxième vague, sa concentration sur les pratiques sexuelles, et surtout la division qu’elle engendrait, ont fait naître la théorie queer au début des années 1990. Le mouvement queer a aux États-Unis un aspect de mouvement politique qui a pour but de lutter contre l’hétéropatriarcat, à la fois en reconnaissant la légitimité de la lutte féministe matérialiste, et en cherchant à construire une alternative à cet hétéropatriarcat que le matérialisme combat.

Là où le féminisme matérialiste se concentre sur l’étude et la destruction des procédés oppressifs du patriarcat, la théorie et les pratiques queer visent à construire le post-patriarcat. Le queer y devient, contrairement à son usage dans le monde anglo-saxon, une idée, un concept voire un mouvement artistique, complètement dépolitisé. Certains mouvements français utilisent malgré tout le terme queer de façon politique. On a vu que depuis les années 2000, les mots allosexuel et altersexuel constituent des tentatives de traduction en français.

Le Grand dictionnaire terminologique, québécois, définit le terme queer comme un adjectif monosémique, à remplacer par allosexuel ou altersexuel. Le linguiste québécois Gabriel Martin traite pour sa part l’adjectif queer comme un polysème. De son avis, les termes allosexuel et altersexuel remplacent uniquement cette utilisation par extension du mot queer, laquelle est parfois critiquée au Québec dans les milieux militants. Gender symptoms, or, peeing like a man , Social Semiotics, vol.

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