Théâtre II PDF

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La centralisation monarchique, qui s’affirme dès 1630 sous l’autorité de Richelieu d’abord, puis de Mazarin, dépasse le cadre politique pour toucher le domaine culturel. La notion de  classicisme  pose des problèmes de définition. C’est pourquoi il peut être utile de revenir à l’origine sémantique du mot pour en comprendre le sens. Le terme classicus désigne en latin la classe la plus fortunée de la société. Le terme de classicisme est utilisé pour la première fois par Stendhal en 1817 pour désigner les œuvres qui prennent pour modèle l’art antique par opposition aux œuvres romantiques.

Le classicisme renverrait à un moment de grâce de la littérature française où l’esprit français se serait le plus parfaitement illustré. De ce fait, le classicisme a servi de repoussoir à tous ceux qui défendaient une littérature moins réglée, à commencer par les romantiques. Le terme de classicisme appliqué à une période de la littérature nationale est propre à la littérature française. Le classicisme à la française ne se définit cependant pas seulement par des critères historiques. Il répond également à des critères formels. Les œuvres classiques reposent sur une volonté d’imitation et de réinvention des œuvres antiques. Elles respectent la raison et sont en quête d’un équilibre reposant sur le naturel et l’harmonie.

Il en va de même pour le maniérisme qui précède le classicisme et le rococo qui le suit. Ce goût serait né dans les salons mondains et aurait profondément influencé la littérature de la seconde moitié du siècle. La centralisation monarchique initiée par Louis XIII s’affirme dès 1630 dans le domaine politique sous l’autorité de Richelieu d’abord, puis de Mazarin et de Louis XIV. Les écrivains classiques sont donc nécessairement pétris de culture religieuse.

Certaines œuvres, comme Les Provinciales de Pascal ou l’œuvre de Bossuet, relèvent même entièrement de la religion. Ce sont les œuvres des doctes qui définissent les théories du goût classique, à travers des lettres, des traités, des arts poétiques. Vaugelas, Guez de Balzac ou Dominique Bouhours légifèrent ainsi sur la bonne utilisation de la langue. L’enseignement des doctes est en effet fondé sur des règles tirées des modèles grecs et latins.

On lit et relit à cette époque La Poétique d’Aristote dont l’interprétation est à l’origine de la plupart des règles du théâtre classique. En poésie, c’est L’Art poétique d’Horace qui sert de référence. Doctes et littéraires inventent en fait une esthétique fondée sur des principes d’ordre assez contraignants qui amèneront la critique moderne à assimiler classicisme et respect des règles. L’écriture classique se veut fondée sur la raison. On y a parfois vu l’influence du rationalisme de Descartes, mais il s’agit plutôt d’un intérêt pour la lucidité et l’analyse. Le classicisme est donc davantage influencé par une volonté de soumettre le déraisonnable à l’ordre de la raison que par un véritable rationalisme qui inspirera plus tard les philosophes des Lumières. En créant une forme d’ordre, les écrivains classiques recherchent au plus haut point le naturel.

Donner l’impression d’une parfaite adéquation entre la forme et le fond grâce à une écriture qui coule de source est en effet l’idéal du style classique. Or pour donner l’impression de naturel, il importe avant tout de ne pas choquer le lecteur. La vraisemblance correspond à ce qui peut paraître vrai. L’objectif n’est pas de représenter la vérité, mais de respecter les cadres de ce que le public de l’époque considère comme possible. Boileau a pu dire dans son Art poétique que  le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable . L’importance de la vraisemblance est liée à l’importance de la morale dans la littérature classique. Les œuvres classiques se donnent en effet pour objectif de  réformer  le public en l’amenant à réfléchir sur ses propres passions.

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